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Kaïros


Gwenaëlle Rouleau : live électronique
Jean-Sébastien Mariage : guitare électrique


Présentation du projet

Sur une proposition de Gwennaëlle attachée à la dimension vibratoire qui régit le vivant et inspirée par Les Furtifs d’Alain Damasio, le duo propose un dialogue entre des environnements de sensations et des surgissements. Les deux musiciens gravitent autour de l’axe improvisation / composition en temps réel. La recherche prend comme point de départ l’altération « fugace » de la fonction des matériaux sonores, qui passent sans loi du paysage à l’objet, de l’horizon au lieu, de la persistance à la ponctualité. Tout s’échappe, et tout est là, à la fois. Cet équilibre, dont la qualité primordiale est l’instabilité, tient non seulement du dispositif instrumental, mais aussi de la posture des musiciens. La nature première du son est ici questionnée de manière permanente. De l’acoustique à l’électronique en passant par les effets, la manipulation d’objets acoustiques ou la reprise du son de la guitare et son traitement par Gwennaëlle, la manipulation erratique des effets par Jean- Sébastien génèrent une zone de rencontre où chaque affirmation d’une position ne peut qu’en révéler une autre. Entre fugue et fuite, les musiciens se font écho, dissimulent, transforment, rebondissent. Le duo met en jeu la métamorphose du sujet en jouant sur la mémoire de l’auditeur. Des objets sonores sont proposés, ils sont identifiables. Par la suite ils réapparaissent de manière transformée, ils sont toujours reconnaissables mais ils ont changé de forme, ils sont éventuellement passés de la guitare à l’électronique et inversement. Cela donne lieu à un objet global qui est toujours constitué des mêmes sous-objets mais dont la forme a évolué. Le duo cherche à développer dans son travail
 la composition d’objets sonores qui se font, se défont, se transforment
 la conjugaison d’axes de recherche qui constituent autant de manières de traiter le sujet des furtifs. La pièce s’envisageant comme une épopée, succession de tableaux ou d’états.
 la spatialisation du son de manière interne à la composition. Les furtifs sont mouvement, déplacement, effet de masque. La dimension de l’espace est fondamentale et intrinsèque au propos.



Matériel requis
 1 dispositif de multidiffusion : 

 > 1 console numérique type QL1 ou QL5

 > 8 haut-parleurs 10" ou 12", un sub et si possible des twitters (entre 2 et 6)
 1 amplificateur de guitare électrique à lampe Fender Twin ou Fender Hotrod Deluxe


Biographies

Gwennaëlle Roulleau est compositrice, improvisatrice électroacoustique et artiste sonore. A l’écoute du paysage ou du corps sonore, elle capte et sculpte la matière sonore dans sa physicalité, la transforme pour en dégager substance, énergie, émotion. Elle traite les sons en organismes vivants, toujours ouverts au risque d’accident et de plaisir. Dans une affection pour la nature acoustique, elle revendique la dimension électronique de son instrument. Comme autant de filtres subjectifs, le traitement creuse et extrapole le réel, la synthèse en envisage d’autres strates. Son travail explore les champs vibratoires, audibles ou imperceptibles par nos sens, électromagnétiques. Elle joue avec des musiciens improvisateurs, s’aventure dans le spectacle vivant, et crée des dispositifs qui interrogent le phénomène sonore, entre la composition en temps réel et l’écriture, entre le geste instrumental et le dispositif. Ses projets musicaux sont présentés dans les réseaux de musique de création, dans des théâtres ou sur des terrains à nommer.


Jean-Sébastien Mariage Guitariste improvisateur et compositeur depuis 1990, Jean-Sébastien Mariage développe de nouvelles techniques et matériaux qui font évoluer son instrument, le transcendent, l’ouvrent à des sonorités inattendues, à des musiques insoupçonnées. Il se produit en solo et au sein de nombreuses formations d’improvisation libre sur la scène internationale (Hubbub, ONCEIM...). Il est également interprète de compositeurs contemporains (Elianne Radigue, Rhys Chatham, Eric Abecassis, Frederick Galiay...). Il travaille régulièrement avec la danse, la poésie, le théâtre... (Carole Armitage, Michel Gendarme, compagnie Hop-là Nous Vivons...). Récemment, il oriente sa recherche vers l’idée du « lieu commun », incluant dans sa musique des objets référencés (motifs, sonorités) qu’il propose comme autant de pivots qui suscitent de manière subliminale la mémoire commune afin de creuser de nouvelles articulations sonores. Accordant une importance particulière à la transmission, il est intervenant régulier depuis 2015 à la Philharmonie de Paris pour divers ateliers.


Site de Gwenaëlle Rouleau